FRANCIS QUILLON

Le fondateur
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  • 4 Nov. 2019

Autour d’une table, on est tous à peu près au même niveau. C’est lui qui le dit et on se sent un peu flatté pour être assis en face de lui, car des gens importants Francis Quillon en a croisés quelques-uns au cours de sa carrière. Il dit aussi qu’il n’avait pas les qualités pour être un coureur pro. Une troisième place sur le Paris-Tours amateur, les propositions n’ont pourtant pas manqué, mais son destin à lui sera de leur fabriquer des vélos, aux pros, comme à des milliers de passionnés, et ce pendant plus d’une trentaine d’années.

Sur cette histoire, il est intarissable et sur une vie dédiée pour l’essentiel à la petite reine depuis qu’il est ado. Les courses d’abord. L’apprentissage du métier de cadreur, ensuite, et l’aventure MERAL qui le révèle avant de se finir en eau de boudin. Ce sont les clients qui vont le décider à voler de ses propres ailes, bien secondé par son épouse, Mireille. Pressé par les magasins de cycles, lui, le fils d’ouvrier agricole, va devenir patron, sacrée révolution.

Francis Quillon – chef de file de l’U.C Montoirienne Meral

La première équipe pro à le contacter est celle de Cyrille Guimard. CYFAC fabriquera les vélos de l’équipe, même si ceux-ci restent estampillés Raleigh. Très vite, le bouche à oreille fait le reste et l’entreprise fabriquera pour une deuxième équipe, puis trois. Fignon, Marie, Claveyrolat, Mottet, Madiot, Virenque, rouleront sur des CYFAC maquillés sous d’autres marques, comme Chiapucci, Pantani, Vandenbroucke, Millar, et tant d’autres. À La Fuye, on n’a jamais rechigné sur les heures supplémentaires et les nuits blanches pour répondre à l’exigence des pros. Le plus beau fait de gloire reste sans doute ce cadre sur-mesure fabriqué pour Fignon en juste 48 heures, peinture comprise, rangement dans le coffre et livraison express à Milan, pour une victoire le lendemain à Sanremo sur la Primavera.

Avant de terminer l’entretien, Francis tient à nous faire savoir aussi qu’il a mauvais caractère. On ne cherchera pas à le contredire, disons seulement que la chose ne saute pas aux yeux à le voir parmi ses anciens ouvriers. Il a beau avoir lâché les rênes de la boite depuis 10 ans, Francis passe en effet plusieurs fois par semaine aux ateliers, et quand beaucoup trouvent que c’était mieux avant, lui s’émerveille plutôt des nouveautés et des trouvailles de ceux qui lui ont succédé.

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