FRANCETTE BARBAULT

L'égérie
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  • 4 Nov. 2019

Il faut le reconnaître, baptiser un vélo Francette a tout de la bonne idée. Partout autour de nous, les prénoms d’hier sont revenus à la mode. On les retrouve dans les cours d’école, sur les enseignes des magasins et même en tête des magazines. Comme si le présent se digérait mieux avec un brin de nostalgie. La différence ici c’est que Francette c’est quelqu’un qui existe vraiment, pas le fruit d’un concept marketing. Francette Babault a été de toute l’aventure, depuis MERAL jusqu’à CYFAC, avant de prendre sa retraite il y a maintenant trois ans.

Francette n’a pas trop l’habitude de répondre aux questions d’un journaliste. Pas comme Francis, qui sait si bien y faire comme elle le dit. Francette pense qu’elle n’a pas grand-chose à raconter, comme si une vie d’ouvrière intéressait moins qu’une autre. Francette est même un peu inquiète sur ce qu’on pourrait penser.

 

Francette a commencé à travailler à seize ans. Deux années rudes pour commencer dans l’industrie textile, avant de rejoindre un époux et MERAL, du côté d’Aubigné. La société démarrait tout juste la fabrication de cycles, en plus des mécanismes pour les canapés-lits. Francis venait d’être nommé chef de la nouvelle branche. Le chef et l’employée ne se sont plus quittés. Ensemble, ils ont surmonté les moments difficiles, comme lorsque MERAL fut rapatriée de La Fuye à Aubigné, obligeant Francette et son mari à faire des aller-retours pendant six longues années.

Les cycles et la métallurgie, Francette a tout de suite bien aimé, bien plus que le textile. Chez MERAL, puis “chez Francis” lorsque CYFAC fut créée. Une vie de boulot qui lui aura permis de toucher presque à tout au niveau de l’atelier : un peu de brasure, la lime acier et la peinture, surtout, la préparation de base, l’apprêt, les fonds.

Des temps anciens, Francette a conservé un MERAL rouge. Que le nouveau porte son nom, ça lui a fait plaisir. Ça l’a émue qu’on ait pensé à elle et que les peintres lui demandent son avis pour le choix de la couleur. Ils n’ont pas eu à aller bien loin, ni même à lui téléphoner. Francette habite de l’autre côté de la route et elle n’a eu qu’à traverser. Depuis qu’elle a pris sa retraite, Francette passe tous les vendredis à la CYFAC pour la pause de dix heures. Aux dernières nouvelles, le rose du nouveau MERAL lui plait beaucoup, les peintres peuvent se dire qu’ils auront bien bossé.

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